Revue de presse 18 janvier 2019 – Le shutdown aux États Unis

Crédits photographiques : AFGE

 

Aux États Unis, depuis le 22 décembre 2018, plus de 800 000 fonctionnaires ne sont plus payés par l’État pour cause de « shutdown ». Ce processus administratif résulte d’une impasse législative, en effet, la nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants refuse catégoriquement d’accorder à Donald Trump les 5,7 milliards de dollars qu’il demande pour financer la construction de son mur à la frontière sud du pays. Promesse qu’il avait tenue pendant sa campagne en 2016, le président américain tient absolument à ce qu’une telle édification ait lieu afin, selon lui, de limiter l’immigration illégale. Cela fait donc 27 jours que Donald Trump a privé de salaire les agents de l’État essentiellement dans le district de Columbia, en les mettant au chômage technique. En revanche, les fonctionnaires fédéraux indispensables à la sécurité, comme les gardiens de prison ou les travailleurs médicaux, sont obligés de travailler en toutes circonstances, gratuitement dans le cas présent. Une telle crise n’est pas  sans conséquence… Pour Alix Lhospital, de Valeurs actuelles, celles-ci sont maîtrisées. Dans son article du 10 janvier, il évoque le trop-perçu par le fisc au niveau de l’impôt sur le revenu reversé aux citoyens ou encore des cagnottes ou associations mises en place pour aider les fonctionnaires touchés. En revanche, pour les journalistes de France Info, les conséquences du shutdown sont bien réelles. Dans leur article publié le 12 janvier, ils évoquent une loi votée par le Congrès garantissant aux employés fédéraux qu’ils soient payés rétroactivement une fois le « shutdown » terminé. Sauf que cette loi n’a toujours pas été promulguée par le président Trump… Le journal Le Monde explique dans un article publié le 16 janvier que l’impact économique de cette situation pourrait être plus fort que prévu. Il se base sur l’explication d’un responsable de la Maison Blanche qui estime que le shutdown amputerait chaque semaine la croissance de 0,13 point de pourcentage. Alors que dans un premier temps, l’administration Trump avait estimé que le shutdown coûterait à l’économie américaine 0,1 point de pourcentage de croissance toutes les deux semaines. Selon Damien Roustel, de l’Humanité, l’origine de cette crise, l’immigration massive à la frontière avec le Mexique, serait exagérée, Trump jouant sur les peurs. Dans son article du 9 janvier, il explique que le président des États-Unis a menti pendant une allocution prétendant entre autres que « chaque semaine, 300 de nos concitoyens meurent de l’héroïne, dont 90 % provient de notre frontière sud ». Ces affirmations ont été tout de suite démenties par les médias américains. Pour l’instant, rien ne semble pouvoir résoudre cette situation de crise qui dure depuis 27 jours…

Louis Jamin