Revue de presse du 08/02/2019 : Venezuela un pays, deux présidents.

Crédits photographiques Alex abello Leiva

Venezuela un pays, deux présidents.

Depuis le 23 janvier 2019, le Venezuela est déchiré entre deux personnes se déclarant comme présidents. Le premier est Nicolas Maduro, élu pour un second mandat le 10 janvier mais accusé d’illégitimité par l’opposition, qui a la majorité législative et qui contrôle le Parlement Vénézuélien. La deuxième personne à revendiquer ce titre est Juan Guaido, député du parti Voluntad Popular et président du Parlement. Soutenu par une grande partie du peuple, il a prononcé son serment  le 23 janvier à Caracas, capitale vénézuélienne, se déclarant président par intérim. Selon le Figaro, il « s’appuie sur la Constitution qui prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale assume la présidence intérimaire de la nation ». Il n’est pas le seul à avoir cet avis puisque, sitôt après son investiture, il a été reconnu par les États Unis comme le président légitime, puis par l’Argentine, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, Panama, le Paraguay et le Pérou, membres du groupe de Lima qui dénonce les actes jugés anticonstitutionnels de Maduro, ainsi que par une partie de l’Union Européenne.

Cependant, Maduro a le soutien officiel du Tribunal Suprême, qui a retiré ses pouvoirs au Parlement, ainsi que de l’armée. Il est aussi soutenu par les dirigeants socialistes du Mexique et de Cuba, de la Bolivie ou encore de la Turquie. Le climat était «explosif» ce 23 janvier, selon Le Monde, et jeudi 7 février, France Info déclarait que « la tension continue de monter dans le pays », et les prises de positions internationales n’ont fait que « jeter de l’huile sur le feu », selon Temir Porras, professeur à Sciences Po et ancien directeur de cabinet de Nicolas Maduro, interviewé dans ce même article. Selon lui, la première décision d’une partie de L’UE (la France, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Portugal et les Pays-Bas) de poser un ultimatum de 8 jours à Maduro était une position « incompréhensible ». Le groupe de contact établit par la chef de la diplomatie entre des pays latino-américains et 8 pays d’Europe qui ont soutenu l’ultimatum lui semble « bien plus raisonnable, parce qu’il s’est donné 90 jours pour résoudre le conflit. Cependant, Libération souligne que « l ’Europe, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres enjeux de politique étrangère, est désunie », et rappelle que cette décision n’a pas été approuvée par l’ensemble des Vingt-Huit, et que « le fait que sept pays (ou davantage) aient porté leur choix sur le président autoproclamé du Venezuela risque bien d’affaiblir le poids de ce groupe de contact ».

Claire Loilier