Revue de presse 3 mai 2019 : Retour sur la crise au Vénezuéla

Crédits photographiques : Nick Youngson CC BY-SA 3.0 Alpha Stock Images

Le 5 Mars 2013, Hugo Cháves, le président du Vénézuéla, meurt d’un cancer. Des élections présidentielles ont donc lieu. Nicolás Maduro gagna ces élections de justesse le 14 avril 2013 avec 50,66% des voix. Claude Guibal, journaliste pour France Culture, fit un portrait de cet homme en le qualifiant d’ « imposant ».

Au mois de Février 2014, les premières manifestations d’une longue série commencent au Vénézuéla. Ces manifestations continueront de longs mois jusqu’en 2017 sous le nom de « La Salida ». Tous ces rassemblements ont un seul but : obtenir la démission du gouvernement vénézuélien. Cette démission est voulue par de nombreux vénézuéliens du fait de l’inflation ahurissante des prix des produits de première nécessité et l’importante insécurité à l’intérieur. Ces événements sont très violents et tournent vite en bagarres entre les opposants à Maduro et ses soutiens. Les manifestations finissent souventpar »de brèves échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants  » selon un article tiré du journal Libération.

En Décembre 2015, les élections législatives sont remportées par l’opposition (MUD) qui possèdent alors 99 sièges contre 46 sièges pour le parti socialiste de  Nicolás Maduro (PSUV). Le journal Le Monde en profite pour rajouter que « pour la première fois depuis seize ans, la droite va prendre les rênes du Parlement ».

Dès le début de l’année 2016, le président vénézuélien décrète l’état d’urgence économique.

Le mois de Mai 2016 fut chargé pour l’opposition. En effet les anti-Maduro ont réussi à récolter 1,8 millions de signatures pour engager un référendum révocatoire afin d’organiser de nouvelles élections présidentielles. Malheureusement « le gouvernement a rejeté cette perspective mais les autorités électorales doivent encore se prononcer » annonce un article du Monde.  Lors de ce premier semestre de l’année 2016, 4 000 manifestations ont eu lieu dans tout le pays.

En juillet 2016, des centaines de vénézuéliens traversent la frontière avec la Colombie bien que celle-ci soit fermée depuis un an afin de se ravitailler dans les super-marchés de la petite ville colombienne de Cucuta. Des milliers de vénézuéliens suivront leur exemple dans les jours à venir. Le site de RFI, Les Voix du Monde explique qu' »après quelques heures en Colombie, les femmes sont rentrées tranquillement au Venezuela, en chantant l’hymne national, les bras chargés de sacs de courses ».

En Août 2016, les autorités électorales et le conseil national électoral (CNE) annoncent que le référendum ne pourra pas avoir lieu avant le mois d’octobre.

Au mois de Septembre 2016, entre 950 000 et 1,1 millions de personnes manifestent à Caracas, c’est « la plus importante mobilisation de ces dernières décennies », selon les leaders de l’opposition. Une étude de Datanalisis révèle que huit vénézuéliens sur dix souhaîtent changer de parlement. Le président de Datanalisis, Luis Vicente León, a écrit un article dans le journal Historico Prodavinci. Cet article est entièrement écrit en espagnol mais Le Figaro en a fait un résumé en français titré « La popularité de Maduro chute ».

En Octobre 2016, la deuxième étape du référendum est suspendue par le CNE. La raison ? Les autorités suspectent des fraudes dans les signatures de la pétition. La radio France Culture propose alors une revue de presse titrée « Le Venezuela au bord de l’affrontement général ». Puis, le 28 Octobre  a eu lieu une grève générale qui n’ a été que partiellement suivie.

Nouvelle année chargée pour le Vénézuéla : le 10 Janvier 2017, la date limite pour le référendum a été atteinte mais les autorités électorales décideront de « reporter le processus jusqu’à nouvel ordre ».

En ce quatrième mois de l’année 2017, une manifestation importante a lieu. En effet, le 17 Avril, plusieurs rassemblements furent organisés. Cette fois-ci le gouvernement réplique en mobilisant la Milicia Nacional . On dénombre 3 morts et une trentaine de personnes arrêtées lors de ce jour funeste. Malheureusement, le temps ne résout pas tous les problèmes et ce mois d’Avril fut macabre. Au total, 24 personnes ont été tuées ce mois-ci pour avoir manifester. Le journal Libération ajoute que la situation « s’est enflammée début avril: la Cour suprême, réputée proche de Maduro, s’est arrogée les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l’a poussée à renoncer 48 heures après. « .

Lors de la période de l’été 2017, Maduro propose un référendum pour créer un nouveau corps législatif, l’Assemblée constituante, afin d’écrire une nouvelle constitution mais très vite cette assemblée récupère le pouvoir du Parlement.

L’ONU a fait un bilan au milieu de l’année 2017 pour dénoncer « un usage excessif de la force » car les manifestations ont tué, au total, 125 personnes en ce milieu d’année.

Le temps passe et on arrive vite en février 2018. L’opposition et le gouvernement commencent à discuter mais un désaccord sur les modalités des élections présidentielles ferme le dialogue.Le gouvernement décide donc d’organiser les élections avant la fin du premier semestre 2018. Beaucoup de vénézuéliens pensent que Maduro veut profiter d’être en froid avec l’opposition pour avoir plus facilement le titre de président. Le média Le Monde fait, hélas, la même constatation « L’Assemblée constituante a convoqué des élections anticipées, mais le Conseil national électoral n’a pas encore annoncé de date précise pour le scrutin. La semaine dernière, la justice a écarté la coalition de l’opposition de la course à la présidentielle, dégageant la voie pour la réélection de Nicolas Maduro, et obligeant ses adversaires à se réorganiser ».

En Mai de la même année, Nicolás Maduro est réélu mais les élections ont été boycottées par l’opposition qui dénonce de nombreuses fraudes de l’ancien nouveau président.

Pour le début des événements de l’année 2019, je vous conseille d’aller voir la revue de presse de Claire Loilier qui est disponible sur notre site ou je vous invite à aller voir cette vidéo YouTube.

 

Le 7 février 2019, les premiers camions de l’aide humanitaires arrivent à la frontière entre la Colombie et le Vénézuéla. Il est impossible pour eux de passer car Maduro a bloqué les frontières en expliquant que c’est sûrement un cheval de Troie de la part des américains pour faire intervenir les forces armées mais que le pays allait bientôt recevoir 300 tonnes d’aide humanitaire par les russes. Au contraire, Juan Guaidó  annonce dans une manifestation que les camions passeront le 23 février. Au final, un camion a tenté de passer à cette date mais il y eut plusieurs affrontements militaires faisant quatre morts et plusieurs centaines de blessés. Les autres camions firent donc demi-tour.

Le 7 Mars, une panne géante d’électricité a lieu. Les partisans de deux parties « se reprochent mutuellement d’être responsables de la nouvelle crise qui frappe le pays : une coupure d’électricité géante, qui paralyse le Vénézuéla » selon France Tv Info.

Le 16 Avril, un convoi de la Croix-Rouge réussit, enfin, à arriver à Caracas. Dans ce convoi, il y a assez de nourriture et de médicaments pour 650 000 personnes.

Au 30 Avril, la situation devient très confuse : un véhicule blindé fonce dans les manifestants de l’opposition. Selon Libération, « Des échauffourées ont éclaté à proximité d’une base militaire de Caracas où des manifestants se sont regroupés pour soutenir le président par intérim auto-proclamé. Un véhicule blindé aurait foncé sur des manifestants de l’opposition et un soldat a été blessé par balles. ». Le Gouvernement s’explique en disant que les manifestations du 30 Avril est un subterfuge de Guaidó afin d’effectuer  un coup d’état.

Le dernier événement en date de cette crise s’est déroulé le 1 Mai où une femme, âgée de 27 ans et décédée d’une balle dans la tête lors de la manifestation à Caracas. Suite à cet acte, Guaidó a appellé à la grève générale pour chasser Maduro.

Merci d’avoir lu entièrement cette revue de presse, qui je crois, était un peu trop longue !!!

Lisa Lemardelé