RAPHAEL PITTI ET LES ETATS-UNIS

Lors de ses voyages et de son expérience en tant que médecin de guerre, Raphaël PITTI a travaillé en collaboration avec les Etats-Unis et raconte comment il a constaté son fonctionnement et sa puissance. Retour sur ses pensées sans langue de bois et parfaitement assumées.

Crédits photographiques : Delphine Ensenat

Raphael PITTI a partagé une vision du monde et de la politique menée notamment par les Etats-Unis directe et sans détour. Selon lui, donner le prix Nobel de la paix à Barack OBAMA en 2009 a été une « erreur fondamentale ». Il écrit dans son livre Va où l’humanité te porte à ce propos que « ce statut a littéralement inhibé en lui toute possibilité d’initiative d’offensive militaire ». Il dénonce l’inaction en conséquence du président en 2013 lorsque la ligne rouge des armes chimiques a été franchie. Pour lui, la guerre en Syrie aurait pu se terminer en 2013-2014.

Par ailleurs, il accuse l’économie du pays, qui dépense plus de 600 milliards de dollars par an pour sa défense, d’imposer une situation de tension et de guerre permanente et un besoin de se chercher des ennemis pour développer son économie « militaro-industriel ». Il a cité d’ailleurs plusieurs inventions qui résultent de la recherche militaire américaine comme le micro-onde ou internet qui se sont maintenant élargies au grand public. Il explique aussi que les 5 pays membres du conseil de sécurité – les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine et la Russie – sont également les plus gros producteurs d’armes du monde et que, de ce fait, ces pays ne peuvent pas souhaiter la paix puisque la guerre représente une partie importante du fonctionnement de leur économie.

Raphaël PITTI a aussi évoqué la puissance bien moindre de l’armée française face à l’armée américaine qui « seule ne peut rien », constat qu’il dresse de sa propre expérience de terrain. Il s’insurge du peu de liberté de la France dans ses opérations militaires et de l’obligation de suivre les Etats-Unis pour avoir un réel impact sur le terrain. C’est pour cette raison qu’il se définit comme « un européen convaincu » et prône la collaboration entre les pays membres pour créer une force plus indépendante. « Nous devons être dans un monde pacifié » dit-il. Pour lui, « tout a été fondé sur la confrontation, constamment, mais au final, ce sont les populations qui souffrent. Ce que je veux, c’est que le XXIème siècle soit le siècle de la collaboration ». C’est d’ailleurs en partie pour partager et propager ce discours qu’il s’est présenté sur la liste européenne du parti socialiste Place Publique soutenue par Raphaël Glucksmann.

Mathieu Duval