Roméo Langlois : Un reporter au cœur de l’Amérique

Le 12 octobre 2019, nous nous sommes rendus au Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Nous avons assisté à une conférence animée par les élèves du lycée Jeanne d’Arc de Bayeux en présence de Roméo Langlois, reporter pour France 24.

Roméo Langlois est un reporter spécialiste de l’Amérique latine. Il a travaillé dans ces pays de nombreuses années. La conférence a parlé en partie de la détention du français du 28 avril au 30 mai 2012 par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) mais aussi de la précarité des reporters de guerre et du métier de fixeur.

La première partie de la conférence a porté sur la vie du reporter en Colombie puis de sa détention. Le 28 avril 2012, le journaliste est fait prisonnier alors qu’il effectue un reportage dans la jungle amazonienne accompagné de plusieurs militaires en mission pour démanteler une fabrique de drogues. Cependant, une troupe de FARC les attendaient et leur ont tendu une embuscade. Quatre militaires furent tués et Roméo s’en sortira avec une  fracture du bras.

Il a alors été capturé. Au début, l’armée révolutionnaire voulait le libérer mais finalement, il fut retenu en tant qu’otage. Il ne s’attendait pas à cette capture car le reporter avait déjà donné la parole à plusieurs membres de cette faction et il avait de nombreux contacts au sein de ce groupe. Il a été retenu trente-trois jours, le temps que les FARC vérifient son identité et qu’ils organisent la logistique de sa libération ensuite.

A son retour en France, Roméo a eu besoin de plusieurs mois de convalescence. Après cette détention, le journaliste a gagné en 2013, le prix Albert-Londres pour son reportage Colombie : à balles réelles.

La deuxième partie de la conférence portait sur la précarité des reporters qui est de plus en plus présente. En effet, les médias n’ont plus les fonds nécessaires pour envoyer un de leur reporter. Ils préfèrent donc faire appel à des reporters en « freelance » (des journalistes indépendants) car cela leur coûte moins cher. Ces journalistes sont donc de moins en moins bien payés parce qu’il y a plus en plus de concurrence sur le marché.

La dernière partie parlait du métier de fixeur. Ce métier consiste à accompagner un reporter sur le terrain en servant de guide, d’interprète et de traducteur. Pour le faire, il faut avoir vécu de nombreuses années dans le pays ou dans la région du monde où l’on veut guider les médias et avoir de nombreux contacts et un bon réseau pour faire face à tout type de situation.

Lisa Lemardelé