3 QUESTIONS A PATRICK CHAUVEL

Rencontre avec Patrick Chauvel
Crédits photographiques:
Mathilde Laurent

Le Prix Bayeux qui s’est tenu du 7 au 13 octobre a été l’occasion pour le jeune public des collèges et des lycées de rencontrer le très célèbre photoreporter de guerre Patrick Chauvel. Retour sur son intervention directe et même parfois provocatrice.

Quelle intervention vous a le plus marquée ?

Je crois que ce qui m’a le plus marqué c’est la Syrie. C’est terrible de voir qu’on ne peut rien faire. Et à côté de ça, quand vous voyez les tweets imbéciles de Trump…. Mais de toute façon tous les conflits me marquent.

Où aimeriez-vous partir ?

J’aimerai aller au nord de la Syrie couvrir ce qui se passe entre les Turcs, les kurdes et la Syrie, mais aussi pourquoi pas en Irak où il y a des manifestations en ce moment, tout va très vite et ça pourrait déclencher une guerre civile. L’Amazonie aussi m’intéresse, la frontière entre l’Amazonie et le Brésil. Je ne suis pas indifférent face à la destruction de notre planète, je pense que c’est important d’aller voir ce qu’il s’y passe. En plus, là-bas les Indiens sont en train de s’armer…Et puis le Venezuela et l’Équateur aussi. Vous voyez tous les conflits…en gros j’ai la sécurité de l’emploi !

Comment se passe votre retour ?

C’est important de réussir à relativiser. Je vais vous raconter un truc, une fois, un copain qui était sur le front entre l’Irak et l’Iran à reçu un message dans les tranchées qui lui disait un truc comme « vous devez rejoindre votre femme ». Alors évidemment il est immédiatement rentré pour la retrouver. Et vous savez pourquoi sa femme l’avait appelé ? Parce que le poisson rouge était mort et que sa fille avait beaucoup de chagrin. Et bien pour lui c’était très important et il n’a pas comparé ce qu’il voyait et la souffrance de sa fille. Pour lui c’était aussi important. Mais en général pour moi un bon whisky, un tour en moto et ça va mieux !

Etes-vous croyant ?

Non. Rires.

propos recueillis par Mathieu Duval