Revue de presse 11 septembre 2020 : Élections J-53 : La sale journée de Donald Trump

Crédits photographiques : Gage Skidmore

Il y a 2 jours, le 45ème président des États Unis passait sans doute un (très) mauvais moment.

En effet, Bob Woodward, le journaliste chevronné de 77 ans, à l’origine des révélations du Watergate en 1972 ayant conduit à la démission du président Nixon, va sortir un nouveau livre le 15 septembre. Ce dernier, intitulé « Rage », fait suite à « Fear – Trump in the White House », paru en 2018. Même après, les livres chocs « Too much and never enough » et « The Room where it happened » publiés il y quelques mois et écrits par la psychologue Mary Trump et John Bolton, respectivement nièce et ex-conseiller à la sécurité nationale du président américain, ce nouvel ouvrage a fait l’effet d’une bombe médiatique. Après avoir appris entre autres que Donald Trump avait triché pour être accepté à l’université et avait essayé il y a quelques mois d’échanger au Danemark le Groenland contre l’île de Porto Rico qu’il porte en horreur, les Américains ont donc découvert il y’a 2 jours des choses d’une gravité encore plus importante.

Alors qu’en public le président américain n’a cessé de minimiser l’ampleur et la dangerosité de la pandémie depuis janvier, qualifiant par exemple les Américains portant un masque de « peureux » et déclarant que les jeunes en étaient quasiment immunisés, que le virus allait disparaître un jour magiquement et qu’il n’était rien de plus qu’une petite grippe, dans les enregistrements de conversations entre Bob Woodward et Donald Trump, on découvre que ce dernier tient un tout autre discours en privé… Ces entretiens réalisés pour le dernier livre de Bob Woodward révèlent que l’homme qui avait il y a quelques mois recommandé l’injection de désinfectant dans les veines, avait en fait parfaitement conscience du caractère mortel du Covid-19. On l’entend notamment dire « J’ai minimisé [l’épidémie]. Et j’aime toujours le faire », « Ce truc est mortel, Bob. […] Plus qu’une sévère grippe. […] Même chez les jeunes et les enfants. ». Et selon Nicolas Rauline des Echos dans un article du 10 septembre, ces informations inattendues ont « provoqué de vives réactions chez les adversaires » de ce dernier. Le concerné a pour sa part réagi en affirmant « ne pas avoir menti » et ayant agi en sa qualité de « leader » pour « protéger le peuple américain » et ne pas « créer la panique ». Des déclarations jugés comme des « signaux contradictoires et confus » par le Parisien dans un article publié le 11 septembre. Rappelons simplement que depuis le début de la pandémie, le Covid-19 a fait plus 190 000 morts au pays d’Abraham Lincoln.

Nicolas Rauline précise également dans son article que « « Rage » met aussi en scène plusieurs anciens collaborateurs de Donald Trump, qui tiennent des propos durs envers » ce dernier. Parmi eux, « L’ancien responsable des renseignements Dan Coats [qui] se dit, lui, persuadé, sans en avoir la preuve, que Vladimir Poutine « possède quelque chose sur Trump », justifiant l’inconditionnelle et inexplicable clémence du président américain vis-à-vis du président russe. Toujours dans « Rage », Donald Trump a encore fait une déclaration qui a laissé beaucoup de monde perplexe : « J’ai construit un (système) nuclé… une arme, j’ai construit un système d’armement, des systèmes d’armement, que personne d’autre n’a jamais eu dans ce pays », un système d’armement « jamais vu » par les Chinois ou les Russes. Une dépêche du Figaro avec l’AFP publiée le 10 septembre s’interroge : « Le président américain s’est-il corrigé parce que l’arme n’est en fait pas nucléaire, ou justement parce qu’elle l’est et qu’il s’est rendu compte qu’il parlait trop ? ». A méditer. Le même jour, on apprenait dans les colonnes du Washington Post qu’un lanceur d’alerte dénonçait les pressions de l’administration Trump. Comme l’écrit Le Monde dans un article paru le 10 septembre : «  l’entourage du président américain est accusé d’avoir ordonné de cesser de faire remonter des informations sur l’ingérence russe et sur les groupes suprémacistes blancs ».  Au printemps 2020, le secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis avait demandé au-dit fonctionnaire de cesser des transmettre des rapports du renseignement concernant une interférence russe dans les élections américaines. Et contrairement à ce qu’affirme le 45ème président des États-Unis, l’article du Monde nous rappelle que « Selon les agences de renseignement américaines, la Russie a interféré dans l’élection américaine de 2016, au profit » de Donald Trump, « dont l’équipe de campagne a été accusée de collusion avec Moscou ».

Enfin, toujours le 9 septembre, l’équipe du candidat républicain découvrait que le trésor de guerre s’élevant à plus d’un milliards de dollars et récolté depuis 2016 pour financer l’actuelle campagne de Trump avait été entièrement dépensé. A noter qu’au mois d’août, ce dernier avait reçu de la part de ses donateurs une centaine de millions de moins que son adversaire, le démocrate Joe Biden. Alors qui des deux septuagénaires remportera la victoire ? Nous saurons cela la semaine 5 novembre prochain, (en raison du vote par correspondance), alors que l’article du Monde nous avertit d’une potentielle interférence russe dans ces élections…

Louis Jamin

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