Être juré aux Olympiades des métiers

Les Olympiades des métiers, ce ne sont pas seulement des épreuves survoltées et des candidats prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est aussi le travail titanesque des jurés, qui doivent, non seulement préparer des jeunes aux épreuves, mais doivent ensuite juger le travail effectué lors de ces mêmes épreuves par d’autres jeunes. Nous avons rencontré 3 jurés qui nous parlent de leur expérience

Crédits photographiques : Mathéo Durand

Un travail très complet

Le premier juré que nous avons rencontré se nomme Emmanuel Lojou, juré de l’épreuve de cuisine. Né en Bretagne, il enseigne aujourd’hui dans un établissement en Corse, dont il fait partie de la délégation. Champion de France en dessert à l’assiette en 2007, ce cuisinier est juré dans des concours depuis 2008, car selon lui quand on gagne une compétition de cette envergure, «ça se fait naturellement». Il explique que les juges sont multitâches. En effet, de nombreux critères sont à prendre en compte, notamment dans cette épreuve qui s’étale pendant les 3 jours de compétition et qui se compose de deux épreuves de 4h chacune, où les candidats doivent réaliser des plats imposés.  Les juges se relaient pour évaluer tout d’abord la propreté, l’organisation et la maîtrise technique des candidats ainsi que le résultat visuel final, ce dont Emmanuel Lojou s’occupait au moment où il a répondu à nos questions. Il y a aussi un jury spécialement désigné pour contrôler le poids et la température des assiettes sorties par les candidats. La veille, c’est-à-dire le jeudi, celui qui est aussi le coach de la candidate Marta Pacheco était assigné à la dégustation, qui est bien entendu pris en compte lors du jugement final.

Transmettre sa passion

Pour Éric Tousai, les Olympiades des métiers permettent de transmettre sa passion aux jeunes, qu’ils soient candidats ou simple spectateurs. Ce formateur en maintenance des matériels enseigne le fonctionnement et la réparation des engins agricoles mais aussi d’entretien public. Il est aux Olympiades pour accompagner Simon Lehaic, qui est en pleine épreuve de 3h au moment de notre interview, pendant laquelle il doit démonter et remonter entièrement un engin d’entretien. Pour Éric Tousai, le plus important dans son métier, c’est d’être passionné par ce que l’on fait, mais aussi d’avoir une bonne dextérité et un sens de l’observation développé. Ce qu’il aime le plus ? Satisfaire ses clients en leur rendant leur machine toute prête à l’emploi. Il a choisi d’être formateur pour transmettre son amour du métier à des jeunes et les pousser à l’excellence, et il termine en nous donnant son point de vue sur les Olympiades, qui, selon lui, permettent aux jeunes de “venir faire des essais et se rendre compte de l’extérieur“.

Une belle expérience

Rémi Labrousse, juré en maintenance aéronautique, aime son métier, même si il apporte beaucoup de pression, parce que “quand on est le dernier à toucher un avion avant son décollage, faut pas se tromper !“. Il faut donc être rigoureux, méthodique et consciencieux. Cependant, ce métier permet de voyager, d’ailleurs Rémi Labrousse explique qu’il est déjà allé au Qatar, aux Etats-Unis et même en Inde. Ce sont ses premières Olympiades, mais il trouve qu’il y a une très bonne ambiance et, de plus, les candidats sont très bons et motivés, et il nous confie qu’il va être dur de les départager, il va falloir être attentif car “les différences sont dans les petits détails“.

Claire Loilier

Rémy Labrousse                                                      Crédits photographiques : Claire Loilier