Rencontre avec un photo-reporter : Patrick Chauvel

Crédits photographiques : Deborah Dubost-Sakhi

Le Jeudi 17 Septembre 2020, une classe de secondes et les élèves de l’atelier médias du lycée Jeanne d’Arc de Caen ont pu rencontrer le photo-reporter Patrick Chauvel. Après la conférence, nous avons pu interviewer le journaliste sur de nombreux sujets.

Des voyages et un retour au pays

Le reporter nous a appris qu’un voyage en pays étranger se prépare un minimum sur la base de renseignements sur le pays, de son histoire, de ses coutumes et de sa culture. Il est important d’amasser le plus d’informations afin d’éviter les faux pas, ces faux pas pouvant se révéler mortels sur le terrain. Par moment, tout se joue sur des détails comme une tenue vestimentaire. Patrick Chauvel nous raconte alors, qu’un jour, il s’était habillé totalement en noir. Cependant le noir était la couleur portée par le camp adverse donc il a dû trouver une solution pour mettre de la couleur dans sa tenue sous peine d’être pris pour un ennemi. Un reportage n’a pas de durée déterminée mais dure, généralement, entre un mois et une année. Il n’est pas rare de retourner dans un pays déjà visité selon les évènements qui ont lieu dans celui-ci. Dans le cas de Patrick Chauvel, le pays qu’il a le plus visité est le Mali avec plus d’une quarantaine de voyages. Après le voyage vient le temps du retour. L’arrivée en France se passe bien mais une certaine colère peut faire surface suite à certains discours « imbéciles » et « légers ». Les personnes du monde Occidental sont « surprotégées », ce qui font que de telles paroles peuvent être dîtes sans crainte mais pas sans conséquences. Des propos racistes ou des opinions douteuses peuvent devenir difficiles à entendre surtout quand des conflits ont démarré suite à ce type de remarques. Par moment, il est même difficile de se retenir pour le correspondant de guerre.

Son avis sur l’offensive turque

Suite au retrait de l’armée américaine annoncée en Décembre 2018 en Syrie, le peuple kurde se retrouve seul à devoir faire face aux problèmes du pays comme l’emprisonnement de la plupart des djihadistes et de leurs familles. Les kurdes ne sont pas au bout de leur peine. En effet, les turques lancent une offensive sur la Syrie, peu de temps après le retrait américain, le 9 Octobre 2019. Ce peuple subit alors une répression violente car les turques essayent de gratter du terrain. La situation est qualifiée de « dégueulasse » par le photo-reporter car les kurdes ont beaucoup aidé l’armée américaine et l’armée française. Les soldats français sont écœurés de ne pas pouvoir les aider en retour nous affirme le journaliste. L’armée française, seule, ne peut rien faire car elle ne possède pas la logistique de sa consœur américaine. Les kurdes, pour se protéger, on était forcés, en majorité, à rejoindre l’armée de leur ancien ennemi : Bachar Al-Assad. Malgré des situations difficiles, il est important de garder foi en l’humanité. Selon Patrick Chauvel, la guerre permet de voir le pire comme le meilleur, c’est dans ces moments que l’humanité est au plus forte. De nombreuses personnes n’hésitent pas à faire acte de courage et de générosité pour s’entre-aider. La plupart des hommes n’ont pas peur, ils sont prêts à se sacrifier pour la liberté et pour se libérer.

Crédits photographiques : Deborah Dubost-Sakhi

Et l’avenir ?

Suite à la crise sanitaire actuelle, de nombreux projets du reporter ont dû se voir annulés. Cependant, un projet est encore d’actualité : celui de rejoindre l’armée française au Mali dès que possible.

Lisa Lemardelé